Un peu d'histoire
La Boussole, le centre communautaire francophone de Vancouver, a connu
ses débuts en 1992.
L'histoire raconte qu'un enseignant d'Éducacentre se rend en septembre
1990 dans le centre ville de Vancouver afin de faire du recrutement
pour ses cours d'alphabétisation. Il y rencontre un francophone qui
travaille au centre Evelyne Saller, sur la rue Alexander dans la Downtown
Eastside, le quartier historique du port de Vancouver. Ensemble, ils
organisent des rencontres informelles avec les francophones qui fréquentent
Evelyne Saller, les démuni(e)s. Ces gens ne parlent pas bien anglais,
ils disent avoir besoin de cours de conversation. En mars 91, c'est
chose faite grâce à un projet expérimental, une collaboration entre
Éducacentre et le Centre Evelyne Saller. Mais très vite toutes les
personnes impliquées réalisent que l'apprentissage de l'anglais n'est
pas garant d'une meilleure insertion sociale. Cela ne suffit pas.
C'est ce constat et un désir d'initier un changement qui font que,
le 6 mai 1991, un groupe de 4 bénévoles francophones se rencontrent
pour la première fois et décident qu'il va d'abord leur falloir effectuer
un sondage avant de passer à l'action. Ce petit comité se donne le
nom de groupe de recherche sur les besoins des francophones du «Downtown
Eastside», le DTES là où se retrouvent la majorité des francophones
démuni(e)s.
Le groupe se pose deux questions : est-ce que le nombre de francophones
dans le quartier est suffisant pour justifier un plan d'action et
les organisations communautaires existantes sont-elles en mesure de
répondre aux besoins des francophones. Les réponses sont concluantes.
Les personnes interrogées répondent que, bien sûr, c'est important
d'apprendre l'anglais, mais ça ne suffit pas : pour s'organiser ils,
elles ont besoin d'aide et d'appui concret. Les organisations existantes
ne sont pas en mesure de répondre aux besoins bien spécifiques des
francophones.
En janvier 1992, la Boussole ouvre ses portes, 3 heures par jour,
grâce à une subvention du ministère du développement des ressources
humaines. Le nombre de client(e)s, limité d'abord, augmente lentement,
la Boussole publie même son propre journal. Enfin en 1996, la Boussole
s'incorpore, se donne des statuts et règlements et reçoit du financement
en provenance du Patrimoine canadien. En 1997, la Boussole tient son
assemblée générale de fondation. Ses locaux sont toujours sur la rue
Cordova dans le Downtown Eastside et sa programmation se développe.
La stabilité financière de la Boussole s'inscrit dans le cadre de
l'entente Canada-Communauté.
Depuis 1999, la Boussole occupe ses nouveaux locaux sur Broadway est,
dans un quartier plus calme mais facile d'accès. Sa programmation
s'est solidifiée : un travailleur social, un travailleur de rue, un
conseiller à l'emploi et une responsable la programmation.
La clientèle de la Boussole reste la même depuis sa création, la Boussole
a été créée pour aider les pauvres. Sa mission est double : accueillir
les nouveaux arrivants francophones sans ressource. Ces gens sont
partis à la recherche d'un peu de chance et d'une nouvelle vie, d'un
moyen de gagner leur vie. Vancouver, c'est le bout de la route.
L'autre volet de la Boussole, c'est de se consacrer aux résident(e)s
des quartiers pauvres qui l'entourent. La Boussole est la seconde
résidence de ces gens dans le besoin. Ils/elles viennent faire du
bénévolat, se retrouver entre francophones, partager leur quotidien
et ramasser de la nourriture pour survivre jusqu'à la fin du mois.
|
|