Colette Balcaen

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PagesUne vidéo est projetée sur 22 rideaux pendus les uns devant les autres, sur des cordes à linge. Ceci représente des grandes pages d’un manuscrit qui décrivent les pensées et les expériences d’une femme.

La vidéo, (durée de 7 minutes et 50 secondes), présente ma performance qui a eue lieu le 11 septembre, 2007, à MAWA, lors du vernissage de l’exposition Fixed/Variable. Les rideaux, d’un blanc cassé et de transparences variées, seront pendus d’une manière assez serrée sur des cordes à linges parallèles d’un séchoir soutenu par un unique poteau. Les rideaux, sont marqués de lignes cousues aussi avec du texte écrit à la main. L’ensemble se compare à un manuscrit formé, lorsqu’une auteure écrit une biographie, page après page (rideau après rideau). Le rythme du frottage, l’eau qui s’échappe goutte à goutte, le saignement, ainsi que les halètements de fatigue alliés au sifflement du vent, et au gonflement des rideaux, font partie de cette performance.

Quand une auteure écrit, c’est un acte très intime. Mais quand le livre est publié, toute cette intimité devient publique. Les rideaux représentent les pages de mon manuscrit. En étendant les rideaux sur le séchoir, je rends mon manuscrit public.

Vidéo (Zigzag, émission de Radio-Canada)

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Tons de rouge

Tons de rougeTons de rouge est une œuvre progressive composée de grands panneaux de laine rouge que je tricote afin de construire une installation avec la participation des membres de communautés. Avant ou au cours de chaque exposition, des bénévoles collaborent avec moi pour ajouter un nouveau panneau à la pièce. Les grands panneaux mesurent huit mètres en longueur par un mètre en largeur ce qui correspond à la largeur de ma machine à tricoter.

Cette activité est basée sur des notions de rituel, de répétition, de relations et d’homogénéité humaine. (Nous sommes tous identiques à la fin de la journée!). J’ai choisi des variétés de laines rouges achetées en vrac dans des magasins pas chers. Elles symbolisent le sang humain, l’effort humain et les forces vitales qui rassemblent l’humanité. L’acte traditionnel de tricoter et de coudre donne une dimension domestique et féminine à cette œuvre. L’utilisation d’une machine moderne permet de construire cette œuvre magistrale tandis que son bruit répétitif apporte un rythme qui rappelle l’industrialisation du travail de la femme ainsi que la production de masse où l’individu perd son identité dans un monde global. Chaque maille représente un individu dans la société. Pour souligner ce concept, deux vidéos documentent les activités : le processus solitaire au tricot des panneaux et l’effort de plusieurs mains qui aident à coudre à la main pour assembler ces panneaux. Ce rassemblement se passe dans une atmosphère paisible de recueillement et de réflexion. L’inspiration, pour ce projet, m’est venue de la chanson Imagine de John Lennon qui souligne un monde uni où règnent l’entraide et la tolérance malgré les différences des race, de culture, de politique, de philosophie, de religion et de croyances.

Ce processus collaboratif pour Tons de rouge a débuté à l’université du Manitoba pour continuer ensuite au collège universitaire de St-Boniface, puis à Victoria aux jardins de Abkhazi et à Saskatoon au relais des francophones. Une subvention du Conseil des arts de Winnipeg servira pour des coûts de voyage à d’autres villes au cours des deux prochaines années afin de mettre à contribution la plus grande variété de personnes possible. Le but ultime de cette initiative est de couvrir un très grand espace qui présentera aux visiteurs une surface confortable, chaleureuse et sécurisante.

L’espace requis pour ce projet : Il faut accrocher la grande pièce à partir du plafond et il faut aussi une grande surface sans obstruction d’un plancher. Deux sources pour les vidéos (Il suffit de deux télévisions avec des lecteurs pour DVD) pour compléter l’installation.

Collège universitaire de Saint-Boniface Brandon Gallery of Southwestern Manitoba

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Portraits

Description du projet : Colette A. Balcaen

Icônes canadiennes
2006 – 2008
Dix portraits, en courtepointe sans couture, de tissus variés
71 x 86 cm (chacun)

L’œuvre comprend dix portraits d’auteures canadiennes reconnues. J’ai choisis des auteures qui m’ont particulièrement touché par leurs écrits. Leurs fortes expressions d’expériences vécues, décrivant leur culture et leurs sentiments comme femme me motivent à créer des œuvres qui leur rendent hommage. J’utilise des courtepointes sans coutures au lieu de la peinture pour compléter ces portraits, ces icônes. L’affinité que je ressens envers le caractère et la passion de ces écrivaines influencent mon choix des tissus. J’ai ajouté à l’œuvre des citations tirées de leurs textes pour les imprimer en sérigraphie sur des échantillons des tissus que j’ai utilisé dans les courtepointes. Ceci permet aux visiteurs de toucher les tissus tout en lisant les citations. Ce projet est le résultat d’une recherche qui met en considération mes sentiments personnels comme femme franco-manitobaine et les influences d’autres femmes qui m’inspirent. L’œuvre comprend les portraits des auteures suivantes : Anne Hébert, Antonine Maillet, Gabrielle Roy, Carol Shields, Margaret Laurence, Lucy Maud Montgomery, Nellie McLung, Margaret Atwood, Alice Munro et June Callwood.

Vidéo (Zigzag, émission de Radio-Canada)

Gabrielle Roy Margaret Laurence
Lucy Maud Montgomery Antonine Maillet
Carol Shields Alice Munro Anne Hébert
June Callwood Margaret Atwood Nellie McLung

Exposition à la Brandon Gallery of Southwestern Manitoba - 2009

Icônes canadiennes Citations sur échantillons des tissus

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La dictée

La dictéeLa dictéeL’artiste multidisciplinaire Colette Balcaen s’apprête à nous surprendre encore une fois par une toute nouvelle production solo intitulée La dictée comprenant une installation et une performance qui nous plongent dans un monde qui lui est familier, celui de la transmission du savoir en milieu minoritaire.

Par leur organisation dans un espace artistique, des objets conventionnels sont mis en relation. L’installation devient non seulement une manière architecturale et humaine d’habiter un lieu, de faire le lien entre espace apparent et espace secret, mais c’est aussi un moyen de communication, une sorte d’écriture qui acquiert de nouvelles dimensions et provoque des interrogations.

La dictée s’inscrit dans cette pratique. Grâce à un tableau d’école et à des objets artisanaux - trente petits chapeaux porteurs  de textes d’enfants et de citations de Gabrielle Roy disposés en deux rangées serrées comme les écolières de son enfance - Colette recrée un environnement de salle de classe et en fait une représentation artistique.  Dans un salle attenante, un peu en retrait mais omniprésent, un portrait de Gabrielle Roy  souligne le rôle d’inspiratrice de cette dernière et symbolise celui de la maîtresse d’école.

Des enregistrements de voix féminines, racontant leurs expériences scolaires, l’influence de l’école et du milieu francophone minoritaire sur leurs choix de vie, font le lien entre le passé et le présent, entre l’histoire de chacune et sa réalité au quotidien. Par sa performance où elle devient tour à tour enseignante et poète, Colette Balcaen amène le spectateur à devenir acteur, à puiser dans son vécu pour rebâtir un univers collectif et se l’approprier.

Symbole de statut social, de coquetterie, de conformisme ou de soumission, le chapeau devient ici le support autour duquel s’articule la démarche de l’artiste. Le chapeau enrubanné de petite fille modèle que l'on moule lui sert à dénoncer le rôle de l’éducation religieuse et familiale sur les femmes de sa génération et des générations précédentes confinées dans des rôles de mères ou dans des métiers traditionnels. De cette oppression, de cette souffrance subies jaillit le désir de valoriser le travail des femmes et de libérer les choix qui leur sont offerts.

Par cette installation, Colette Balcaen ne se contente pas de présenter un contexte, elle le campe et le recrée afin que chacun puisse s’interroger, se comprendre, avancer et faire avancer la situation de la femme, de la société. Elle le fait avec conviction et humour, animée d’une passion pour sa langue et sa culture et d’un grand respect pour la relation privilégiée qu’elle entretient avec sa mère qui n’est pas sans rappeler celle que son inspiratrice Gabrielle Roy entretenait avec sa propre mère. Là d’ailleurs ne s’arrête pas la similitude entre Colette et Gabrielle puisque, d’abord enseignantes, elles ont toutes deux embrassé une carrière artistique, l’une en littérature, l’autre en arts visuels.

En choisissant l’installation comme moyen de mettre en espace son propos, Colette Balcaen œuvre délibérément dans la lignée des femmes artistes comme l'Américaine Judy Chicago et sa table aux assiettes richement décorées (Dinner Party) ou  la québécoise Francine Larivée avec son parcours installatif menant à la mariée  (La chambre nuptiale) qui ont voulu introduire dans l’espace artistique des installations qui valorisent et consacrent un univers féminin défini de l'intérieur.

Parallèlement aux artefacts, les mots gardent pour Colette Balcaen toute leur force et leur pouvoir. Leur intégration, et même leur superposition dans son œuvre en sont un exemple frappant, Ils viennent renforcer son message visuel et, sortis de leur contexte, permettent de remettre en question les conventions dont ils sont porteurs.

Huguette Le Gall

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Parler d'elles...

ÉdithParler d’elles.... La forme de la théière est l’un des véhicules figurant dans l’expression artistique du 20ème siècle pour soulever des questions sociales, politiques, esthétiques, critiques et bien sûr mettre en lumière le rituel du thé. L’artiste Colette Balcaen contribue à ce dialogue critique en nous présentant dans cette première exposition individuelle son appropriation de la théière comme forme sculpturale provocatrice. Cette exploration est soutenue par une réflexion approfondie. Depuis son enfance, Colette Balcaen s’amuse à explorer diverses matières telles que la boue, les textures alimentaires, les tissus, les fibres reliées à la couture et au tricot. Cette influence vient des femmes de sa famille :  sa mère qui passait des heures à préparer des conserves pour l’hiver, ses grands-mères qui s’occupaient des ruches, des abeilles, des jardins, de la production de vin, et une grande-tante en particulier qui  racontait des histoires tout en enchaînant ses mailles de fils de coton au crochet. Au centre de cette scène domestique se trouvait toujours un pot de thé.Libérant la théière de sa forme utilitaire, l’artiste passe du personnel à l’universel par la création de sculptures douces qui expriment le quotidien au féminin, l’identité individuelle et collective. A ces oeuvres tridimensionnelles, elle intègre un élément audio de voix de femmes qui partagent leurs pensées intimes, leur vécu, leurs expériences qui forment et transforment l’identité féminine.

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